DOSSIER K (2004)

Mise en Scène : Stéphane Fauvel

Dossier K : D'après Le Procès de Kafka… Le Procès décrit un monde absurde qui met l’homme dans des situations qui le dépassent. C’est un drame du doute, drame d’un homme qui toute sa vie s’est soumis aux impératifs de la société. Un homme ordinaire qui un matin se réveille dans un monde qu’il ne reconnaît plus. Un monde se révélant être une gigantesque machine administrative, le plus grand labyrinthe que l’homme ait inventé. Joseph K, modeste employé de banque, se retrouve en état d’arrestation. Cependant, la faute ou le crime dont on l’accuse ne lui sera jamais communiqué. Il essaye de comprendre ce dont on l’accuse. Dans ses premiers contacts avec cette mystérieuse machine bureaucratique, il se retrouve face à des employés subalternes, des êtres médiocres qui pensent selon leur propre logique et ne lui profèrent que des absurdités. Joseph K se retrouve pris dans un engrenage où il n’aura de cesse de prouver son innocence. Il est fasciné par cet univers insoupçonné, ce dédale de bureaux installés dans les mansardes de la ville. Tout paraît normal, mais rien ne l’est. Ce qui est le plus étrange c’est que seul K s’aperçoit que rien n’est logique. La question est donc posée. S’agit-il d’un rêve, d’un cauchemar ou de la réalité ? Mon travail de metteur en scène s’inscrit dans une certaine continuité du théâtre de corps et d’images. Les paroles de Kafka viennent croiser toute cette matière physique et invisible. Le risible et le surprenant devraient accompagner cette envie commune d’associer la création à un instant de plaisirs. Je souhaite avant tout mettre l’accent sur l’aspect absurde et étrange de la forme. La petitesse et la difformité de ces personnages pleins de névroses et de tocs devraient également accentuer ce décalage entre un propos sérieux et une forme hallucinatoire. La figure très symbolique du labyrinthe hante également tous les textes de Franz Kafka. Je cherche à représenter ce dédale aussi bien mentalement que physiquement à l’aide de cloisons mobiles. L’espace alors abordé par le mouvement crée des images insolites, des images indicibles. Une lumière jaune-marron, sale et transparente inscrivant sur le corps des acteurs, des traits estompés, vieillissants… souligne cet espace poétique et onirique...


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